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Histoire du Pérou

Civilisations pré Incas

 

Les recherches archéologiques ont révélé que les origines de la civilisation pré Incas remontent à 5000 ans au moins. Le Pérou est l'un des plus anciens foyers de civilisation avec l'Égypte, la Mésopotamie, l'Inde et la Chine.

La période précéramique (4000-2000 av. J.-C.)

Les premiers Péruviens étaient des nomades vivant de la pêche et de la chasse. Aux alentours du Ve millénaire, des petites communautés se développent dans les oasis du littoral pour exploiter les richesses de l'océan.
Vers 3000 av. J.-C., des groupements plus vastes se formèrent et commencèrent à édifier de grandes structures en pierre, comme à Paraíso au nord de Lima.
Autour de 2500 av. J.-C., ces communautés de pêcheurs commencèrent à migrer vers l'intérieur des terres. Ils cultivèrent la courge, le piment, le haricot, l'arachide et l'avocat. C'est à cette époque que le maïs allait devenir une des principales cultures andines.

Le formatif ancien (2000-900 av. J.-C.)

Ce fut le début de l'irrigation et du développement de l'agriculture. Entre 2000 et 1800 av. J.-C., le métier à tisser et l'art de la céramique firent leur apparition. Durant la période formative, les premiers villages et organisations politiques apparaissent. Après l'ère formative apparaît le premier horizon culturel grâce à la naissance de la culture de Chavín, dont la civilisation, essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique, s'étend sur près de huit siècles, de 1000 à 200 av. J.-C.

La culture de Chavín (1200-200 av. J.-C.)

chavin, perouLa culture de Chavín est une civilisation précolombienne. Elle doit son nom au village de Chavín de Huántar, au Pérou, où les ruines les plus significatives ont été retrouvées. La culture de Chavin a longtemps été considérée comme la plus importante de l’ancien Pérou. Une société dirigée par une élite de prêtres dont le culte tourne autour de l'image du jaguar ou du puma. Le lama était aussi considéré comme un dieu. À des fins religieuses, les Chavíns utilisaient une herbe hallucinogène et ils représentaient leurs dieux sur des stèles. Ils sacrifiaient aussi des animaux pour satisfaire leurs dieux.
La civilisatin de Chavín a émergé vers 1000 av. J.-C. et a vu son apogée vers 800-200 av. J.-C. Ayant disparu vers 200 av. J.-C., elle introduisit le travail du bronze et de l'or en Amérique du Sud. La méthode de travail des métaux était très avancée pour l'époque. Les Chavíns pratiquaient également d'autres formes d'artisanat, comme la poterie et le tissage. Des stèles qui représentent des félins stylisés en creux, sont attribuées à cette culture. Et ils apprirent aussi à apprivoiser le lama.

La période de développement régional (200 av. J.-C. - 600)

Lignes de NazcaLa période de développement régional, aussi appelée période classique, débute avec le déclin de la culture de Chavín. Cette période se caractérise aussi par un isolement local : chaque région abrite de petites entités politiques qui adoptent leurs propres modèles de développement culturel. Elles n'ouvrent leurs frontières qu'aux échanges commerciaux.
Une des plus connues pour ses céramiques et ses tissages est la culture Nazca (400 av. J.-C. - 600), dont les habitants vivaient en communautés réparties le long des Ríos Ica et Nazca. La région de Nazca est également célèbre pour ses géoglyphes : gigantesques dessins gravés sans doute au début de l’ère chrétienne dans le sol aride de la pampa de Nazca.
Sur la côte nord du Pérou, la vallée du Río Moche était le centre de la confédération des Mochicas (200 - 700 après J.-C.). Depuis leur première capitale, où s’élevèrent les pyramides du Soleil et de la Lune, les Mochicas avaient colonisé le désert côtier sur plus de 400 km.
Les Mochicas disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines, notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des canaux. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même d'Amazonie. Les Mochicas ont aussi développé des techniques de métallurgie élaborées par rapport aux autres civilisations andines. Ils travaillaient des alliages de cuivre et d'argent, de cuivre et d'or, ou encore du bronze pour fabriquer des objets de décoration, masques et bijoux mais aussi des outils agricoles et des armes.
Le royaume Mochica s’éteignit entre 600 et 700 après J.-C. On sait que des pluies torrentielles, provoquées par El Niño, détruisirent presque tous les canaux d’irrigation, provoquant la famine et décimant la population.

L’horizon moyen (600 - 1000)

La civilisation Huari fait référence à un peuple qui fleurit durant la période pré-incaïque de l’horizon moyen. Elle prend naissance au VIe siècle de l'ère chrétienne dans la région d’Ayacucho située dans les Andes du sud du Pérou actuel. La capitale du même nom est localisée près de la cité moderne d'Ayacucho, au Pérou.
Les Huari furent contemporains de la civilisation de Tiahuanaco qui s'est développée sur le haut plateau bolivien, sur les rives du lac Titicaca. Ces deux civilisations n’ont été que récemment différenciées par les archéologues, du fait des nombreux points communs existant entre les deux cultures notamment dans le domaine artistique.
Il semblerait que ces deux civilisations n’aient été en contact que pendant une cinquantaine d’année durant lesquelles elles s'affrontèrent sporadiquement. Une source possible des conflits est la présence de mines aux limites d’influence des deux cultures. Les Huari paraissent avoir été affaiblis par cette rivalité, et déclinèrent au IXe siècle.
Les Huari furent de grands bâtisseurs : ils implantèrent des centres administratifs dans plusieurs de leurs provinces ; ils développèrent un système de culture en terrasses pour augmenter la productivité de l’agriculture dans les régions montagneuses ; ils structurèrent également leur royaume grâce à de nombreuses routes que les Incas intègreront plus tard à leur système de communication.
On considère souvent que les Incas, qui émergèrent trois siècles après la disparition des Huari, sont les héritiers de cette civilisation.

L’intermédiaire récent (1000 - 1450)

C’est à cette période que décline la civilisation Huari. Divers États locaux qui tentent de dominer politiquement leurs voisins apparaissent. Parmi ces États, nous retrouvons la culture Chimú, la culture Chanca, la culture Chincha et enfin, la plus célèbre : la culture Inca. Les Incas étaient une tribu guerrière du sud de la sierra. Ils se déplacent peu à peu vers le nord de la région jusqu'à la vallée fertile de Cuzco entre 1100 et 1300. Leur expansion commence en 1438, avec Pachacutec, qui entreprend de conquérir les terres voisines.

Mis à jour (Samedi, 02 Janvier 2010 17:20)

 

L’empire des Incas

 

La société Inca a donné lieu à de nombreuses hypothèses. Les Incas, en effet, n’ont laissé aucun écrit, et les témoignages dont nous disposons émanent soit des premiers conquistadores espagnols, qui avaient recueilli des récits auprès des indigènes, soit de chroniqueurs métis.

L’essor de la tribu Inca

Héritiers parmi d’autres des brillantes civilisations qui les avaient précédés, les Incas n’étaient à l’origine qu’une petite tribu établie dans la région quechua, sur les rives du lac Titicaca.
Il s'agirait d'un groupe d'hommes menés par Manco Capac ; après une migration vers le nord, celui-ci s'allie avec quelques communautés quechuas pour déloger les habitants de la vallée du Cuzco. Ce sont dès lors tous les descendants de ces premiers colons ainsi que leurs alliés qui sont considérés comme Incas.

Création et expansion de l'empire

La région de Cuzco est habitée par de nombreux autres peuples, et les Incas, à leur arrivée, n'y sont qu'un groupe parmi d'autres. Ces petites puissances régionales, s'affrontaient dans des guerres locales. Les Incas participent à une confédération avec d'autres groupes en occupant dans un premier temps un rang subordonné et non dominateur. Ils adoptent la langue Quechua, qui devient la lingua franca du plateau andin la propageant ensuite sur tout le territoire.
La confédération repose sur deux moitiés : le Hanan, la moitié du haut, et le Hurin, la moitié du bas dont font partie les Incas. Le Hanan détient les pouvoirs politique et religieux, et le Hurin, le pouvoir militaire. Cette répartition des pouvoirs explique en partie la montée en puissance par les armes du groupe Inca. Petit à petit, ils prennent de plus en plus d'importance dans la confédération. Pendant près de trois siècles, les populations avoisinantes leur versent des tributs mais ce n'est véritablement qu'au milieu du XIVe siècle que les Incas créent un État à leur nom.

Une société hiérarchisée

La hiérarchie dans l'empire Inca reprend l'organisation traditionnelle des communautés andines. L'Inca est à la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est à la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conquérant veille à ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations à assimiler et laisse en place les autorités traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan Inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorités locales étaient donc encadrées et rendaient comptes à des supérieurs hiérarchiques qui tous étaient membres du clan Inca.
D'une manière générale, il existait trois classes : d'une part la classe laborieuse constituée des paysans et artisans, d'autre part la classe de gouvernance locale et enfin au sommet, la classe dirigeante de souche Inca qui tenait toutes les rênes de l'empire. Cette classe dirigeante était organisée comme un clan ordinaire dont les membres étaient appelés aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.
Cette société était donc basée sur un système de castes et on ne pouvait que très difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait accéder à la classe dirigeante suite à un exploit militaire ou grâce à quelque autre mérite.

L'écriture et les quipus

Alors que l'Empire inca était très structuré et bureaucratisé, l'écriture n'y a apparemment pas existé.
En revanche, un système de quipus a été mis en place. Les quipus sont des messages codés sous la forme de nœuds de différentes sortes sur des fils de laine, coton ou autre matériau et de différentes couleurs. Ces quipus servaient aux statistiques de l'État : recensement très précis (nombre d'habitants par âge et par sexe), nombre d'animaux, état des stocks, tributs payés et dûs des différents peuples, enregistrement de l'ensemble des entrées et sorties de marchandises des entrepôts de l'État, etc... Seuls les administrateurs connaissaient la clé des quipus : c'étaient les Quipucamayocs.
Il semblerait que les quipus aient aussi servi à notifier les grandes dates de l'histoire et à consigner certains récits ou secrets religieux mais ceux-ci restent indéchiffrables de nos jours contrairement à certains quipus de statistiques.
Ce ne sont pas les Incas qui ont inventé les quipus connus par la civilisation précolombienne de Caral il y a 4 500 ans.

Le culte du Soleil

Dans les Andes, de nombreuses communautés se réclamaient originaires ou descendantes de tel lieu sacré, de telle étoile ou de tel animal. C'est dans ce contexte qu'à partir du XVe siècle, les Incas se veulent être les Fils du Soleil (appelé Inti ou Tahuantinsuyu en quechua). Pour leurs contemporains, les victoires militaires et la politique éclairée des souverains incas semblent confirmer cette origine merveilleuse. Les Incas imposent donc le culte du soleil comme culte officiel dans l'empire : l'idole solaire côtoiera la myriade de divinités adorées dans l'Empire. Il ne s'agit pas pour autant d'un culte monothéiste mais plutôt d'un animisme d'État.

Pour instituer le culte, les Incas bâtissent des temples dédiés principalement au soleil. Le plus célèbre de tous est le Coricancha (enclos d'or en quechua), temple du Soleil de Cuzco. Ce temple, principal dans l'Empire, servait aussi de lieu de culte à d'autres entités divines comme Mama Quilla, la Lune, et Illapa, divinité de la foudre, de l'éclair et du tonnerre.

Le temple du Soleil à Cuzco, véritable saint des saints de l'Empire, n'a pas subsisté aux ravages de la conquête. Il n'en reste aujourd'hui que quelques descriptions ainsi que quelques murs témoins de la splendeur de l'ouvrage. Il fut construit avec des pierres de taille s'ajustant parfaitement les unes dans les autres, sans ciment. Sa circonférence s'étendait sur plus de 365 mètres. À l'intérieur du temple trônait, entre autres trésors, un disque d'or représentant le Soleil ainsi qu'une représentation du Panthéon Inca. Il s'y trouvait également un jardin sacré où tous les éléments de la nature étaient représentés sous la forme de statuettes entièrement en or, métal symbolique du soleil.

L’agriculture, pilier de l’économie

Culture en terrasse incasLa société dominée par les Incas vivait essentiellement de l'agriculture. Les terres étaient cultivées en commun. On les divisait en trois parts, suivant les ordonnances strictes de l'Etat. Un premier lot revenait au dieu Soleil, c'est-à-dire que les fruits de cette terre serviraient aux rites et aux cérémonies. Le second était réservé à l'Inca, à sa famille, ses serviteurs, ses soldats. Le troisième enfin était réparti entre les cultivateurs, entre les membres de l'ayllu, ou communauté.
Les sols changeaient du tout au tout suivant leur situation : peu de points communs en effet entre les sables des régions côtières et les terres des hauts plateaux, entre les coins de forêt et les surfaces enneigées. La sierra, où se concentrait la majorité de la population indienne, était entrecoupée de profondes vallées. Sur leurs flancs, les cultures s'échelonnaient, conditionnées par le climat. C'est pourquoi l'on a pu caractériser l'économie andine de "verticale".

La vie de l'Empire était déterminée par deux systèmes de production différents : la culture de la pomme de terre et l'élevage du lama sur les hauts plateaux, la culture du maïs dans les régions moins élevées. Cette dernière permettait de constituer le gros des réserves.
On prétend que la pomme de terre aurait eu son origine dans les Andes. Perfectionnant son exploitation au cours des siècles, les Andins en obtinrent jusqu'à 700 variétés, dont certaines poussaient à plus de 5 000 mètres d'altitude. Le climat de la puna était favorable à la fabrication du chuño, produit à base de pommes de terre séchées et déshydratées sous l'action du gel et du soleil, il pouvait se conserver pendant des années.
Le paysan andin a su tirer le meilleur parti possible du milieu hostile dans lequel il vivait. On estime qu'il parvint à obtenir, par greffes et sélections, une quarantaine de produits différents répartis sur les étages climatiques de sa géographie. Il cultiva, en plus du maïs et de la pomme de terre, des céréales extrêmement nutritives, comme la quinoa et la quiwicha qui peuvent pousser jusqu'à plus de 4000 m d'altitude, différentes variétés de haricots, le piment, la cacahuète, la courge, l'avocat et le coton, pour ne nommer que les produits les plus importants. Il obtint aussi certaines variétés d'orchidées, fleur rare, et la coca, cette plante magique des Andes, dont les feuilles stimulent en même temps qu'elles aident à lutter contre la faim, la soif et la douleur.

Arts et sciences

En sciences, les Incas ont acquis beaucoup de connaissances dans certains domaines tels que les mathématiques, basées sur un système quadri décimal (base 40) et non décimal, ou l'astronomie. Capables de voir les solstices ou les équinoxes, leur calendrier à la fois lunaire et solaire leur permettait de gérer les cycles agricoles.

Les connaissances incas étaient également remarquables en médecine, étant dans certains domaines en avance par rapport aux connaissances européennes. L'utilisation de nombreuses plantes leur permettait de guérir de nombreuses maladies et de soulager diverses souffrances, comme par exemple la quinine pour traiter la malaria. Ils avaient une très bonne connaissance des plantes et de leurs bénéfices. Les Incas pratiquaient également la chirurgie, notamment les trépanations crâniennes (on a retrouvé dans des nécropoles des incas, un ou plusieurs crânes trépanés) ; ils utilisaient la coca comme anesthésiant.

Les Incas étaient d'excellents architectes. Leurs constructions sont imposantes et ingénieuses, souvent orientées à des fins utilitaires. Le nombre de bâtiments et autres constructions réalisés est vraiment élevé. La forme trapézoïdale souvent donnée aux portes et fenêtres des temples permet à l'édifice de résister beaucoup mieux aux mouvements des plaques terrestres, provoquant des tremblements de terres, très fréquents dans ces régions. En s'installant à Cuzco, les Espagnols ont d'ailleurs repris comme fondation de leurs bâtiments les restes des temples incas. Lors des nombreux séismes, les constructions ou fondations incas tenaient généralement mieux que les constructions espagnoles.

Les Incas utilisaient divers styles architecturaux, mais le plus connu est sans conteste celui utilisé par exemple pour le temple du Soleil de Cuzco ainsi que beaucoup d'autres bâtiments d'importance : le matériau principal était la pierre ; mais ils n'utilisaient pas de mortier pour les joindre entre elles. De grandes pierres polygonales étaient alors utilisées, s'incrustant parfaitement les unes à côté des autres sans laisser le moindre espace vide. On peut voir encore de nos jours de nombreux exemples de cet art architectural, parmi lesquels Sacsayhuamán la forteresse de Cuzco, ou encore les impressionnantes ruines d'Ollantaytambo.

Mis à jour (Dimanche, 03 Janvier 2010 19:00)

 

La conquête espagnole

 

Le 24 septembre 1532, une petite troupe de soldats espagnols débarquaient à Tumbes, près de la frontière nord du Pérou actuel. Ces 62 cavaliers et 106 fantassins, commandés par un officier d’environ 57 ans nommé Francisco Pizarro, allaient en quelques mois atteindre le centre du Pérou et s’emparer de l’Inca Atahualpa et de son trône. Dix ans plus tard, tout le monde andin était aux mains des Espagnols, dépouillé de ses richesses et pratiquement réduit en esclavage.

Pizarro en route vers l'Amérique

Francisco PizarroTrois voyages ont été nécessaires avant d’obtenir la conquête définitive du continent. Le premier voyage effectué en 1524, a eu comme point de départ Panama, et 112 hommes prenaient part à l'entreprise. Pizarro partit d'abord et a été suivi par Almagro avec 80 hommes. Mais l'aventure s’est soldée par un échec.

Pizarro entama une seconde expédition avortée entre 1526 et 1528. Ensuite, la côte équatorienne a été explorée et son arrivée à Tumbes (ville au nord du Pérou), confirmait l'existence du royaume qu'ils cherchaient. L’étape suivante de Pizarro sera de faire un voyage vers l’Espagne pour en informer l'empereur Carlos des richesses de Tumbes. À Tolède il connut Hernán Cortes et obtint la signature de la capitulation de Tolède (26/07/1529) par laquelle on accordait à Francisco Pizarro la charge de capitaine général et Gouverneur de la Nouvelle Castille, nom accordé aux terres péruviennes, ainsi qu'une pension de 1.000 duchés. Il fit les voyages avec les trois célèbres caravelles : Santa María, La Niña et la Pinta.

L'heure de gloire du conquistador

Le troisième voyage commença au début de l’année 1531. En arrivant à Tumbes, Pizarro a constaté à quel point la ville avait été marquée par la guerre civile entre Huascar et Atahualpa, entamée à la mort de leur père : Huayna Capac. Francisco Pizarro pénétra dans le pays Inca en maintenant ses troupes à pied et à cheval dans les alentours du littoral. Ils prirent la direction du cœur de l'Empire : les Andes. Malgré les difficultés, le 15 novembre 1532 les Espagnols atteignirent Cajamarca, à l’époque ville abandonnée.

Pizarro envoya un ambassadeur à la rencontre d’Atahualpa - récent vainqueur de son rival Huascar - qui lui fit part de la présence hispanique dans l’Empire et son désir de se réunir avec lui. Atahualpa arriva accompagné de 10.000 hommes de Quito, désarmés, ce qui facilita sa capture. L'Inca a offert aux Espagnols une grande quantité de richesses en échange de la liberté mais cela n’empêchera pas son exécution en juillet 1533.

En août de la même année, Pizarro - accompagné de faibles troupes espagnoles et de collaborateurs quechuas - arriva à Cuzco, capitale de l'Empire Inca, il prit la ville et se transforma en propriétaire du Pérou, bien que reconnaissant comme Inca Manco Cayac. Le 18 janvier 1535, Pizarro fonde la nouvelle capitale : Lima, la ville des Rois. Almagro est nommé Gouverneur de Nouvelle Tolède et part vers la région du Chili pour effectuer sa conquête. De Cuzco, l'inca Manco partit avec une puissante armée en direction de Lima pour faire face à Pizarro mais sans succès.

Une fin sans gloire

Le retour d’Almagro provoque une guerre ouverte entre les partisans d’Almagro et ceux de Pizarro, lutte qui se solde par le décès du premier en 1538. Son fils, « el Mozo », décida de venger le décès de son père et il envahit le palais du Gouverneur Pizarro à Lima, où le conquérant de Trujillo mit fin à ses jours le 26 juin 1541.

C'est avec l'arrivée, en 1569, du vice-roi Francisco de Toledo, que le système colonial, qui allait prévaloir pendant plus de deux siècles, se mit véritablement en place. Il entreprit l'intégration de la population indienne, groupée en communautés agricoles, placées sous la tutelle d'un particulier ou de l'État, et favorisa son évangélisation.

Mis à jour (Dimanche, 25 Septembre 2011 11:24)

 

La République

 

Le mouvement d'émancipation de la colonie débuta avec le soulèvement des propriétaires terriens d'origine espagnole. L'Argentin José de San Martín et le Vénézuélien Simón Bolívar étaient à la tête des troupes rebelles. Après avoir débarqué dans la baie de Paracas avec une armée composée en grande partie de Chiliens et d'Argentins, San Martín s'empare de Lima et déclare, le 28 juillet 1821, l'indépendance du Pérou vis à vis de l'Espagne.

L'émancipation, c'est-à-dire l'affranchissement pour les grands propriétaires terriens de l'autorité de la couronne espagnole, devint effective en décembre 1824, lorsque le général Antonio José de Sucre battit les Espagnols dans la bataille d'Ayacucho. Après la victoire de Sucre à Ayacucho (9 décembre 1824), une scission sépara le pays : le haut Pérou resté fidèle à Bolivar qui pris le nom de Bolivie et le bas Pérou, à peu de choses près le Pérou actuel.

Malgré la domination d'une oligarchie de propriétaires terriens, l'esclavage des noirs et le tribut des Indiens furent abolis par la dictature de Ramón Castilla (1845-1851 et 1855-1862). La vie politique était une succession de coups d'état et de dictatures.

L'Espagne n'abandonna pas complètement et fit encore de vaines tentatives comme lors de la bataille de Callao. Elle reconnut finalement l'indépendance du Pérou en 1879.

Après la reconnaissance de l'indépendance, le Pérou mena aux côtés de la Bolivie la Guerre du Pacifique. Ce conflit l'opposait au Chili et lui fit perdre les provinces de Tacna et d'Arica dans la région de Tarapacá (traité d'Ancón du 20 octobre 1883). La province de Tacna fut restituée au Pérou en 1929 ce qui mit fin aux différends entre le Chili et le Pérou. Les conflits territoriaux ne cessèrent pas pour autant, comme l'attestent les confrontations militaires de 1941 et de 1981.

Le XXe siècle

La constitution de 1933 réservait le droit de vote aux citoyens alphabétisés ; qui en 1960, ne représentaient encore que le tiers de la population adulte. Les Indiens, presque la moitié de la population, restaient des exclus et vivaient de façon misérable. L’Alliance populaire révolutionnaire américaine (Alianza Popular Revolucionaria Americana) fondée par Víctor Raúl Haya de la Torre en 1924 s'implanta rapidement et fut mise hors la loi en 1933 par Oscar R. Benavides qui resta Président jusqu'en 1939.

Une guerre opposa le Pérou et l'Équateur entre le 5 juillet et le 31 juillet 1941. Durant cette guerre, le Pérou occupa les provinces occidentales de Loja et el Oro. Les États-Unis, le Brésil, l'Argentine et le Chili proposèrent leur médiation et le protocole fut finalement signé. Néanmoins, un nouveau conflit éclatera entre les deux pays un demi-siècle plus tard.

Peu de temps après les États-Unis, le Pérou déclara la guerre à l'Allemagne, malgré les félicitations adressées par Hitler pour les quelques parachutistes péruviens ayant pris un port équatorien.

À nouveau autorisée en 1945, l'Alliance populaire révolutionnaire américaine soutint le Président José Luis Bustamante y Rivero (1945/48) qui, renversé par le coup d'État militaire du général Manuel A. Odría d'octobre 1948, augura du début d'une dictature.

Le 3 octobre 1968, le coup d’État réformiste mené par un groupe d’officiers dirigés par le général Juan Velasco Alvarado amène l'armée au pouvoir dans le but d’appliquer une doctrine de « progrès social et développement intégral », nationaliste et réformiste, influencée par les thèses de la CEPAL sur la dépendance et le sous-développement. Six jours après le golpe, Velasco procède à la nationalisation de l’International Petroleum Corporation (IPC), la société nord-américaine qui exploitait le pétrole péruvien, puis lance une réforme de l’appareil d’État, une réforme agraire mettant fin aux latifundios et exproprie de grands propriétaires étrangers. Le Pérou souhaite s’affranchir de toute dépendance et mène une politique extérieure clairement tiers-mondiste.

En 1980 Fernando Belaúnde Terry, précédemment renversé par le coup d'État du général Juan Velasco Alvarado retrouvait le pouvoir en remportant l'élection présidentielle.

Alan García Pérez, candidat du parti Alliance populaire révolutionnaire américaine, lui succéda le 28 juillet 1985. C'était la première fois qu'un président démocratiquement élu remplaçait un autre président démocratiquement élu en 40 ans. Les mesures prises par Alan García Pérez en économie menèrent à une hyperinflation de 1000 % entre 1988 et 1990.

En 1990, les Péruviens étaient inquiets des attaques terroristes du Sentier lumineux et des scandales de corruption, les électeurs choisirent ainsi Alberto Fujimori, un mathématicien relativement peu connu reconverti dans la politique.

Pour lutter contre l'inflation, Fujimori adopta des mesures d'austérité très sévères. Il parvint à faire passer l'inflation de 7 650 % en 1990 à 139 % en 1991. En raison de l'opposition des députés à ces réformes, il dissout le 4 avril 1992 le Congrès et modifia la constitution. Il organisa ensuite des élections législatives, engagea des réformes économiques : privatisant de nombreuses entreprises publiques, initiant un climat d'investissement plus favorable et une meilleure gestion. En revanche, sa présidence fut fortement marquée par l'autoritarisme.

Une nouvelle guerre éclate entre l'Équateur et le Pérou. En 1960, le président équatorien José María Velasco Ibarra avait déclaré nul le protocole de Rio, mais la guerre n'aura lieu que quelques décennies plus tard entre le 26 janvier et le 28 février 1995.

Alberto Fujimori se fit réélire en 1995. Mais en novembre 2000, destitué pour corruption, il s'enfuit au Japon. Valentín Paniagua Corazao fut nommé pour le remplacer provisoirement et des élections furent organisées en avril 2001. Alejandro Toledo Manrique les remporta et devint Président le 28 juillet 2001.

Le XXIe siècle

Notamment en raison de scandales, le Président Toledo fut contraint de procéder à des remaniements de cabinets. De plus, Toledo devait s'allier à d'autres partis pour avoir la majorité. En mai 2003, Toledo déclara l'état d'urgence, suspendit certains droits civils et accorda des pouvoirs aux militaires pour restaurer l'ordre dans les 12 régions après des grèves menées par des enseignants et agriculteurs. Par la suite, l'état d'urgence fut assoupli et ne se limita qu'à quelques régions où agissait le Sentier lumineux.

Des élections présidentielles furent organisées le 9 avril 2006. Le deuxième tour opposa Ollanta Humala du parti Por el Perú (« Pour le Pérou ») et l'ancien Président Alan Garcia du parti apriste. Le deuxième tour se déroula en juin. Alan García remporta la victoire avec 52 % des voix et a pris ses fonctions le 28 juillet 2006.

Mis à jour (Dimanche, 03 Janvier 2010 19:01)

 
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